Le marché de l’emploi burkinabé connaît actuellement une transformation significative, avec l’émergence de nouveaux secteurs dynamiques et la résilience d’autres plus traditionnels. Selon les dernières données, près de 65 % des recrutements en 2024 se sont concentrés dans cinq secteurs clés, une tendance qui semble se confirmer pour 2025.
Face à un taux de chômage qui touche une bonne partie de la population active et particulièrement les jeunes diplômés, l’identification des filières porteuses devient une nécessité. Où postuler en 2025 ? Quels sont les secteurs les plus prometteurs en matière d’embauche ? Comment se positionner stratégiquement pour maximiser ses chances d’être recruté ? Éléments de réponses.
L’agriculture et l’agro-industrie : un secteur en pleine révolution
L’agriculture, pilier traditionnel de l’économie burkinabè, connaît une véritable métamorphose qui en fait aujourd’hui l’un des secteurs les plus porteurs en matière d’emploi. Représentant près de 30 % du PIB national et employant plus de 80 % de la population active selon les données de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF), ce secteur bénéficie d’une attention particulière des pouvoirs publics et des investisseurs.
Une modernisation créatrice d’emplois
La modernisation du secteur agricole burkinabé passe notamment par :
- L’agriculture de précision : l’introduction de technologies comme les drones, les capteurs connectés et les systèmes d’irrigation intelligents suscite une demande pour des profils techniques jusqu’alors peu sollicités dans ce domaine.
- La transformation agroalimentaire : avec l’essor d’unités de production semi-industrielles et industrielles, notamment dans la transformation de produits comme le karité, le sésame ou la mangue, ce sous-secteur recrute activement des profils variés.
- L’exportation de produits agricoles : la structuration des filières d’exportation nécessite des compétences en logistique, commerce international et contrôle qualité.
Profils recherchés
Les recrutements dans ce secteur concernent principalement :
- Des ingénieurs agronomes
- Des techniciens agricoles spécialisés
- Des experts en agroécologie et agriculture durable
- Des spécialistes en contrôle qualité et certification
- Des profils commerciaux orientés vers l’export
- Des logisticiens spécialisés dans le transport et la conservation des denrées périssables
Le saviez-vous ? Le Programme National de Développement Économique et Social (PNDES-II) a identifié l’agriculture comme un secteur prioritaire, avec des investissements prévus de plus de 150 milliards de FCFA sur la période 2021-2025, créant ainsi un environnement favorable à l’emploi.
Plus précisément, dans le cadre du PNDES-II, des stratégies sectorielles comme le Plan Stratégique National d’Investissement Agro-sylvo-pastoral (PNIASP) sont alignées pour renforcer la production agricole, la sécurité alimentaire et la création d’emplois décents dans le secteur agro-pastoral. Ces initiatives comprennent des investissements significatifs, estimés à plus de 150 milliards de FCFA, dédiés à la transformation structurelle du secteur agricole, à l’amélioration des chaînes de valeur et à la résilience économique.
Ce cadre stratégique crée un environnement favorable à l’emploi, notamment dans l’agriculture, en soutenant la productivité, la valeur ajoutée, le financement agricole et les infrastructures nécessaires à une croissance inclusive et durable. Le PNDES-II vise ainsi à renforcer la résilience de l’économie burkinabè tout en contribuant à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire.
Le secteur minier : un moteur économique en quête de compétences locales
Le secteur minier continue d’être un moteur important de l’économie burkinabè et de la création d’emplois. Avec 17 mines industrielles en activité et plusieurs projets en développement, selon les données de la Chambre des Mines du Burkina (CMB), ce secteur représente plus de 13 % du PIB national et génère environ 10 000 emplois directs.
Une burkinabisation progressive des postes
La tendance actuelle montre une volonté croissante des autorités et des entreprises minières de « burkinabiser » les postes, c’est-à-dire de privilégier le recrutement et la formation de cadres nationaux. Cette orientation politique, renforcée par le Code minier révisé, offre des perspectives intéressantes pour les professionnels burkinabé.
Compétences et profils recherchés
Le secteur minier recherche de manière générale :
- Des ingénieurs des mines et géologues
- Des techniciens de maintenance industrielle
- Des spécialistes en environnement et développement durable
- Des experts en santé-sécurité au travail
- Des professionnels de la logistique et des achats
- Des profils administratifs et financiers spécialisés
À noter : La Chambre des Mines du Burkina (CMB) et ses partenaires ont mis en place des initiatives et des programmes de formation visant à répondre aux besoins des entreprises minières et à offrir des passerelles d’entrée dans le secteur pour les jeunes professionnels.
Les technologies de l’information et de la communication : un secteur en plein essor
Le secteur des TIC au Burkina Faso connaît une croissance remarquable, stimulée par la digitalisation progressive de l’économie et les initiatives gouvernementales comme le Plan National de Développement Numérique (PNDN 2025-2029). Avec une contribution au PIB estimée à 5% et en constante augmentation, ce secteur s’impose comme un vivier d’emplois pour les jeunes talents.
Des opportunités diversifiées
Le développement du numérique burkinabé offre des opportunités dans plusieurs domaines :
- Les télécommunications : les opérateurs comme Orange Burkina, Moov Africa ou Telecel continuent d’investir dans l’extension de leurs réseaux et services.
- Le développement de solutions digitales : des entreprises comme Alink Telecom recrutent régulièrement des développeurs et ingénieurs.
- Les startups technologiques : l’écosystème entrepreneurial burkinabé, soutenu par des incubateurs comme La Fabrique ou Yam wekré, génère de nombreux emplois.
- L’externalisation de services informatiques : avec des centres d’appels et de services partagés qui s’installent à Ouagadougou, comme INTELCIA qui a ouvert un centre employant près de 300 personnes.
Profils les plus demandés
Le secteur TIC recrute principalement :
- Des développeurs web et mobile
- Des spécialistes en cybersécurité
- Des experts en intelligence artificielle et data science
- Des gestionnaires de projets IT
- Des techniciens réseaux et télécommunications
- Des spécialistes en marketing digital
Bon à savoir : L’Agence Nationale de Promotion des TIC (ANPTIC) a lancé plusieurs programmes de formation et de certification pour les jeunes professionnels, facilitant ainsi leur insertion dans ce secteur porteur.
Les énergies renouvelables : un secteur d’avenir

Face aux défis énergétiques du pays et aux engagements climatiques internationaux, le secteur des énergies renouvelables s’affirme comme une filière d’avenir au Burkina Faso. Avec un taux d’électrification nationale d’environ 20 % et un fort potentiel solaire (5-6 kWh/m²/jour), le pays mise sur les énergies propres pour son développement.
Des projets générateurs d’emplois
L’Agence Burkinabè de l’Électrification Rurale (ABER) et la SONABEL sont engagées dans plusieurs projets d’envergure.
Projets majeurs
Le projet YELEEN d’électrification rurale est un programme phare porté par l’ABER, avec le soutien de la Banque Africaine de Développement (BAD), de l’Union Européenne (UE) et du Fonds Vert pour le Climat. Il vise à améliorer l’accès à une énergie durable dans les zones rurales via :
- La construction de 100 mini-réseaux solaires verts,
- L’installation de 100 000 kits solaires individuels,
- L’extension de la centrale solaire de Zagtouli (33 MW) et son extension,
- Le développement de la biomasse énergétique.
Ces initiatives ciblent 150 000 ménages ruraux, soit environ 945 000 personnes, avec un impact direct sur la création de plus de 600 emplois, dont au moins 10 % pour les femmes, et environ 3 300 activités génératrices de revenus.
Partenaires financiers et techniques
Le projet est financé à hauteur de près de 50 milliards de FCFA (environ 74,76 millions d’euros) par des partenaires internationaux comme la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, l’Union Européenne, et le Fonds Vert pour le Climat.
Impact sur l’emploi
Ces projets génèrent des emplois directs et indirects dans les zones rurales, notamment dans la construction, la maintenance des infrastructures, la distribution d’énergie, ainsi que dans le développement d’activités économiques liées à l’accès à l’électricité.
Entreprises spécialisées
Des entreprises comme BBOXX, PPS ou Faso Energy sont actives dans le secteur des mini-réseaux et solutions solaires au Burkina Faso. Elles recrutent régulièrement pour répondre à la demande croissante en énergie renouvelable et services associés, contribuant ainsi à la création d’emplois qualifiés dans ce domaine.
Compétences recherchées
Le secteur des énergies renouvelables recherche en grande partie :
- Des ingénieurs en énergie solaire et systèmes photovoltaïques
- Des techniciens d’installation et de maintenance
- Des chefs de projets spécialisés en énergies renouvelables
- Des spécialistes en efficacité énergétique
- Des experts en financement de projets énergétiques
- Des profils commerciaux spécialisés
Information clé : Le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES-II) prévoit un investissement de près de 467,5 milliards de FCFA dans le secteur énergétique d’ici fin 2025, ce qui induira un environnement favorable à l’emploi dans ce domaine.
Le secteur de la santé : des besoins croissants
Le secteur de la santé au Burkina Faso connaît une expansion significative, laquelle est portée par les politiques publiques de renforcement du système sanitaire national et l’émergence d’établissements privés. Avec un ratio personnel de santé/population encore insuffisant selon les normes de l’OMS, les besoins en recrutement restent importants.
Des opportunités dans le public et le privé
Les opportunités d’emploi dans ce secteur se trouvent essentiellement :
- Dans les structures publiques : hôpitaux, centres de santé, programmes nationaux de santé
- Dans les établissements privés : cliniques, centres médicaux, laboratoires d’analyses
- Dans les ONG et organisations internationales : MSF, Médecins du Monde, UNICEF, OMS
- Dans l’industrie pharmaceutique locale : SOFIB, Laboratoire PHARMA+
- Dans la distribution de produits médicaux et pharmaceutiques
Le Ministère de la Santé a annoncé en début d’année 2025 le recrutement de 11 000 agents publics sur concours en 2025, dont une part significative est destinée au secteur de la santé pour combler les déficits en ressources humaines. Par ailleurs, un recrutement important d’agents de santé communautaire (jusqu’à 15 000 agents) est également envisagé, ce qui témoigne d’un effort massif de renforcement du système sanitaire.
Profils recherchés
Les recrutements dans ce secteur concernent :
- Des médecins généralistes et spécialistes
- Des infirmiers et sages-femmes
- Des techniciens de laboratoire et d’imagerie médicale
- Des pharmaciens et préparateurs en pharmacie
- Des gestionnaires de structures de santé
- Des spécialistes en santé publique et épidémiologie
À retenir aussi : La Politique Nationale de Santé 2021-2030 prévoit un investissement considérable dans les infrastructures sanitaires. Ce plan nécessite en effet la mobilisation d’environ 9 000 milliards de FCFA sur la décennie, dont environ 4 500 milliards de FCFA pour les cinq premières années (2021-2025), pour financer diverses interventions, notamment la construction, la réhabilitation et la maintenance des infrastructures sanitaires à tous les niveaux. Des projets qui vont, à l’évidence, créer de nombreux emplois au Burkina.
Comment se positionner efficacement face à ces opportunités ?
Face à ces secteurs porteurs, nous vous recommandons d’adopter une approche stratégique : c’est ce qui fera la différence dans votre recherche d’emploi au Burkina Faso en 2025. Voici quelques conseils essentiels :
Développez des compétences adaptées
Se former dans des domaines stratégiques tout en développant une polyvalence technique et relationnelle constitue un atout majeur pour répondre aux exigences des employeurs actuels :
- Suivez des formations spécialisées dans les domaines porteurs identifiés, notamment via des centres comme le Centre de Formation Professionnelle de Référence de Ziniaré ou l’Institut Supérieur des Sciences de la Santé.
- Misez sur la polyvalence en combinant compétences techniques et soft skills (communication, travail d’équipe, adaptabilité).
- Ne négligez pas les compétences numériques, désormais indispensables dans presque tous les secteurs d’activité.
Adoptez une stratégie de recherche efficace
Une recherche d’emploi réussie repose autant sur la qualité du profil que sur la stratégie mise en œuvre pour identifier et saisir les opportunités.
- Activez votre réseau professionnel, notamment via des plateformes comme LinkedIn ou des associations professionnelles sectorielles.
- Consultez régulièrement les sites spécialisés comme Emploi Burkina, FasoJob ou les sites des entreprises ciblées.
- Participez aux salons de l’emploi comme le Salon International de l’Emploi et des Compétences (SIEC) ou le Forum des Métiers et de l’Orientation Professionnelle.
- N’hésitez pas à solliciter l’accompagnement de structures spécialisées comme l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) ou des cabinets de recrutement comme ICI-PE.
En conclusion, le marché de l’emploi burkinabé en 2025 offre de réelles opportunités pour les professionnels qui sauront se positionner stratégiquement. Les secteurs de l’agriculture, des mines, des TIC, des énergies renouvelables et de la santé constituent les principaux viviers d’emplois, avec des besoins variés en termes de compétences et d’expérience.
Face à cette dynamique positive, mais exigeante, un accompagnement personnalisé peut s’avérer décisif. ICI-PE, fort de son expertise en gestion des ressources humaines et en conseil depuis 2009, est disposé à vous aider à identifier les opportunités les plus pertinentes selon votre profil et à vous préparer efficacement aux processus de recrutement.
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